Que puis-je protéger en tant que brevet en Suisse ?
Les Suisses sont l’un des esprits les plus créatifs au monde, comme en témoignent les premières places obtenues chaque année dans l’index de l’innovation. Vous aussi, vous avez inventé quelque chose et vous vous demandez si et dans quelle mesure vous pouvez le protéger ? Nous avons les réponses et d’autres informations utiles sur les brevets.
Définitions préliminaires : invention et brevet
Selon la loi, une invention est un produit ou un procédé technique qui constitue la solution à un problème donné. Le terme « procédé » englobe par exemple les méthodes de mesure, de fabrication ou de contrôle. Diverses marchandises, outils, machines et installations peuvent être considérés comme des produits inventés et brevetés.
Si vous faites breveter votre invention, vous bénéficiez de la protection selon laquelle aucun tiers ne peut l’utiliser. Le brevet couvre, entre autres, la fabrication, l’introduction ou la vente de votre invention dans le pays concerné.
3 Conditions pour obtenir un brevet
Il existe notamment trois conditions de base pour le dépôt d’un brevet.
- L’invention doit être totalement nouvelle. La loi sur les brevets dit qu’elle ne doit pas faire partie de l’état de la technique. Cela signifie également qu’elle n’est déjà plus considérée comme nouvelle si un tiers a déjà publié un procédé oralement ou par écrit et que vous êtes le premier à le mettre en œuvre. Il est également important que vous gardiez votre invention secrète à l’avance. En effet, même si vous avez vous-même rendu publiques certaines parties de votre idée avant de déposer un brevet, cela peut être défini comme l’état actuel de la technique. Ainsi, même votre propre invention ne serait plus considérée comme nouvelle – sans compter que quelqu’un pourrait vous devancer dans l’obtention d’un brevet.
- L’invention doit être réellement inventive. Mais qu’est-ce que cela signifie exactement ? C’est très simple : la théorie de votre invention ne doit pas être évidente du point de vue d’un professionnel imaginaire et non inventif. Pensez à la phrase « on ne peut pas réinventer la roue ».
- L’invention doit être réalisable, utilisable industriellement et le procédé doit pouvoir être répété plus d’une fois. Une idée fixe dont la mise en œuvre technique ne peut pas être représentée ne peut donc pas être brevetée.
Particularité des médicaments et des produits phytosanitaires
Pour les médicaments et les produits phytosanitaires, un brevet ne suffit pas pour une utilisation commerciale. Il faut également obtenir une autorisation officielle. Les bons interlocuteurs sont Swissmedic, l’OFV et l’OFAG. Une fois breveté, le produit du titulaire du brevet bénéficie donc déjà d’une protection par brevet, mais ne peut pas encore être diffusé ou utilisé. Comme l’autorisation peut durer jusqu’à dix ans, vous pouvez demander une prolongation du brevet par le biais d’un certificat complémentaire de protection (CCP).
Exceptions : cela ne peut pas être breveté
Certaines inventions ne peuvent pas être brevetées en Suisse. Cela concerne les éléments suivants :
- Méthodes d’apprentissage
- Règles du jeu
- Idées extraordinaires sans lien direct avec une solution technique réalisable
- Découverte de processus naturels (par exemple, dans le monde animal ou végétal)
- la découverte de nouvelles variétés végétales ou races animales ou l’invention de leur obtention (mais l’extraction de substances à partir de cellules végétales, par exemple, est brevetable)
- Théories de nature scientifique
- Méthodes des mathématiques
- les programmes d’ordinateur complets (ceux-ci sont déjà protégés par le droit d’auteur ; toutefois, les techniques de contrôle assisté par ordinateur, etc. sont brevetables)
- les procédures de diagnostic, de thérapie ou de chirurgie applicables aux êtres humains ou aux animaux
- les pratiques contraires aux bonnes mœurs ou à l’éthique (par exemple le clonage humain)
Marquage de votre invention
L’inscription au registre protège votre produit ou votre procédé. L’obligation de marquage est facultative et a du sens, par exemple, dans une optique de promotion des ventes. La marque de brevet se compose de la croix fédérale et du numéro de brevet. La mention +pat+, CH (pour la Suisse) ou EP/CH (pour un brevet dans toute l’UE) plus le numéro de brevet est également courante, par exemple CH675143.
Recherches et examens préalables à la demande de brevet
Avant de déposer un brevet, vous devez définir une stratégie de brevetage. Celle-ci doit aborder les questions suivantes.
Que voulez-vous protéger exactement ?
Il existe plusieurs possibilités. Pour une machine, par exemple, il est possible de breveter soit l’ensemble de la machine, soit une pièce spécifique, soit le mécanisme ou le procédé. Il est souvent judicieux de protéger l’ensemble du produit. En revanche, si vous ne faites breveter qu’un élément, le procédé peut quand même être utilisé par des tiers. Demandez-vous donc toujours où se situe la caractéristique unique du produit ou du procédé et ce qui ne doit pas être copié en détail.
L’invention existe-t-elle déjà ?
Il appartient au demandeur de vérifier ou de demander un examen. Si vous déposez une demande de brevet en Suisse, vous pouvez demander à l’IPI de procéder à un examen préliminaire, moyennant une taxe. Toutefois, celui-ci n’est pas effectué automatiquement. Si vous avez eu la même idée qu’un autre acteur du marché, c’est le droit de celui qui a été le plus rapide à déposer le brevet qui s’applique. Soyez également conscient qu’en cas de doute ou d’accusation, vous devrez, en tant que titulaire du brevet, aller jusqu’au tribunal.
Dans quel pays souhaitez-vous protéger votre brevet ?
Le brevet est protégé dans le pays dans lequel il est déposé. Vous devez donc vous demander s’il suffit de déposer la protection en Suisse et, par conséquent, automatiquement au Liechtenstein. Si ce n’est pas le cas, vous pouvez tout aussi bien déposer votre demande dans toute l’UE. Mieux vaut prévenir que guérir, mais n’oubliez pas les frais continus. Pesez toujours le pour et le contre en connaissance de cause.
Dans quel délai avez-vous besoin du brevet ?
Il est important de ne pas se précipiter, mais d’être aussi rapide que possible. Si vous n’en êtes qu’aux premières ébauches, il vaut mieux attendre. Si votre idée est déjà prête à être brevetée, soyez plus rapide que vos concurrents potentiels. Plusieurs années peuvent s’écouler jusqu’à ce que le brevet soit accordé et qu’il soit pleinement protégé. Vous bénéficiez d’une protection provisoire à partir du dépôt de la demande jusqu’à la délivrance. Pour les personnes pressées, il existe en Suisse la possibilité d’une procédure accélérée.
Application et contestation des brevets
Même après l’obtention d’un brevet, il est important de vérifier régulièrement si des tiers n’utilisent pas ou ne commercialisent pas votre invention, sciemment ou non. En tant que titulaire du brevet, vous avez le droit de dénoncer directement les violations. Si une lettre objective ne permet pas de trouver une solution extrajudiciaire, le Tribunal fédéral des brevets intervient en tant qu’instance de conciliation.
Soutien professionnel
Comprendre le droit des brevets en général et mettre en place une stratégie de brevetage appropriée peut s’avérer très vaste et complexe. Certains organismes, tels que l’IPI, offrent un service et un soutien utiles, notamment pour les activités de recherche. Il existe également des formations spécialisées. Toutefois, si vous voulez vous assurer que votre invention reste la vôtre et avoir un partenaire professionnel à vos côtés en cas de litige, vous avez tout intérêt à faire appel à un conseil en brevets expérimenté. Il s’agit généralement d’un excellent investissement pour l’avenir.
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