Régime matrimonial de la séparation de biens en Suisse : avantages et inconvénients

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Kalender Icon 2 mai 2025

Il existe différents régimes matrimoniaux en Suisse. Le régime de la séparation de biens est le plus répandu parmi les couples mariés qui ont conclu un contrat de mariage. Dans ce régime, les deux époux conservent leurs droits sur leurs biens propres et il n’y a pas de droits patrimoniaux communs. Toutefois, ce régime matrimonial est plus ou moins avantageux pour certains couples, en fonction de leur situation patrimoniale individuelle avant et pendant le mariage. Dans cet article, vous découvrirez en quoi consiste ce régime matrimonial et à qui il convient.

En un coup d'œil

  • La séparation de biens n’est pas le régime matrimonial prévu par la loi et doit donc faire l’objet d’un contrat de mariage.
  • Dans ce régime, les époux ne disposent pas de biens communs.
  • En cas de divorce, ce régime matrimonial permet un partage rapide des biens.

Qu'est-ce que le régime de la séparation de biens ?

Si le régime mat rimonial n’est pas réglé d’une autre manière par un contrat de mariage, l’article 181 du Code civil prévoit qu’un couple marié est soumis au régime de la participation aux acquêts. Le régime de la séparation de biens est donc un régime patrimonial qui n’est pas la règle, mais l’exception. Il ne peut donc être adopté que par contrat de mariage ou imposé par décision judiciaire (articles 181 à 185 du Code civil).

Ni propriété commune ni dettes communes

Dans le régime de la séparation de biens, les époux ne se partagent pas la propriété de leurs biens et chacun gère ses propres biens indépendamment de l’autre – c’est ce que prévoit l’article 247 du Code civil. En cas de divorce en Suisse, les biens ne doivent donc pas être partagés entre eux, car il n’y a pas de droits patrimoniaux sur les biens de l’autre partenaire. En ce sens, la séparation de biens est une sorte de « régime non matrimonial ». Il convient également de noter qu’en cas de séparation de biens, il n’y a pas de dettes communes entre les époux, ni de dettes transférées d’un époux à l’autre (art. 249 du Code civil). Pendant le mariage et en cas de séparation, les deux époux sont responsables de leurs propres dettes envers les tiers sur l’ensemble de leurs biens propres. S’il existe des dettes entre les époux, elles doivent être payées en cas de divorce. (art. 250 CC)

Dans ce régime matrimonial, il est toutefois nécessaire de dresser un inventaire des biens des époux avant et pendant le mariage afin de déterminer qui est propriétaire de quelle part des biens. (art. 195a. CC) Si l’on ne peut pas déterminer quel conjoint possède la propriété d’un bien, le droit suisse considère que les deux conjoints sont propriétaires à parts égales (art. 248 CC).

Séparation des biens et droit de succession des entreprises

Le régime de la séparation de biens est particulièrement important lors du mariage si l’un des conjoints possède une entreprise. En l’absence de contrat de mariage et donc sous le régime de la participation aux acquêts, les revenus d’une entreprise entrent automatiquement dans les biens communs du couple, ce qui peut rapidement conduire à des conflits en cas de divorce. Pour assurer la pérennité d’une entreprise créée avant le mariage, il est donc recommandé d’opter pour le régime de la séparation de biens.

Mais que se passe-t-il si l’entreprise est créée ou héritée pendant le mariage ? Dans le régime de la séparation de biens, les actifs de l’entreprise restent la propriété de l’entrepreneur. Toutefois, s’il s’agit d’un régime matrimonial ordinaire(participation aux acquêts) et que l’entreprise est créée ou héritée pendant le mariage, elle devient la propriété des deux époux à parts égales, sauf s’ils en décident explicitement autrement par contrat de mariage. En cas de divorce, en l’absence de contrat de mariage, chaque époux devrait racheter la part de l’autre dans l’entreprise.

Exceptions à la séparation de biens

En principe, les époux ne sont pas conjointement responsables des dettes dans le cadre de la séparation de biens. Les deux époux conservent la propriété de leurs biens propres. Si l’un des époux a des dettes, l’autre ne peut pas être tenu solidairement responsable. (Art. 249 CC) Il existe toutefois des exceptions à cette règle. Par exemple, si les époux ont signé ensemble un contrat de prêt, ils sont tous deux responsables du remboursement du prêt et répondent également ensemble des dettes.

En outre, la séparation de biens ne s’applique pas à la caisse de pension. Dans ce régime matrimonial également, le capital de prévoyance accumulé pendant le mariage est réparti à parts égales entre les époux en cas de divorce (art. 122 et suivants du Code civil). Si vous souhaitez clarifier des questions en suspens, vous pouvez toujours vous adresser à un avocat .

Quand opter pour la séparation de biens ?

L’objectif des régimes matrimoniaux est de permettre aux époux de disposer librement de leurs biens, mais aussi d’assurer l’indépendance économique des deux partenaires en cas de séparation ou de décès. Pour cette dernière raison, le régime de la séparation de biens ne convient pas à tous les couples et la loi prévoit d’abord le régime de la participation aux acquêts. Le régime de la séparation de biens permet aux conjoints de conserver leur indépendance financière totale vis-à-vis de l’autre partenaire pendant et après le mariage et est donc particulièrement recommandé pour les couples qui possèdent un patrimoine immobilier ou une entreprise.

Dans le régime matrimonial ordinaire (participation aux acquêts), les biens apportés dans le mariage et ceux acquis pendant le mariage sont communs aux deux époux. En cas de divorce ou de décès, il peut donc y avoir des litiges concernant les biens immobiliers. Le régime de la séparation de biens permet d’éviter ce type de litige patrimonial, puisque la propriété de chaque part de patrimoine revient à un(e) conjoint(e) déterminé(e). Il en va de même pour les dettes (à l’exception des prêts signés conjointement).

D’autre part, avec le régime de la séparation de biens, un(e) conjoint(e) ayant un patrimoine plus modeste et n’ayant pas d’activité financière risque de se retrouver sans ressources financières après un divorce. En effet, selon ce régime matrimonial, chacun reste propriétaire de ses biens propres au moment de la séparation – il n’y a pas de participation aux propositions. Il peut donc arriver qu’un(e) conjoint(e) se retrouve sans patrimoine après la séparation et puisse tout au plus prétendre à une pension alimentaire.

Comment mettre en œuvre la séparation de biens ?

Si un couple souhaite adopter un régime matrimonial de séparation de biens, cela doit être formellement et légalement stipulé dans un contrat de mariage. Il est préférable de s’adresser à un avocat spécialisé en droit de la famille. Toutefois, il peut arriver que le régime de la séparation de biens soit établi par une loi ou une décision judiciaire. Le juge peut ordonner la séparation de biens pendant le mariage à la demande d’un époux ou d’une autorité de surveillance et contre la volonté d’un époux ou d’un conjoint.

La séparation de biens s’applique notamment en cas de :

  • faillite d’un époux ou d’une épouse marié(e) sous le régime de la communauté de biens (article 188 du Code civil) ;
  • en cas de surendettement et à la demande de l’un des époux ou de l’une des épouses (article 185 du Code civil) ;
  • en cas de refus de fournir des informations sur le patrimoine et à la demande de l’un des conjoints (article 185 du Code civil) ;
  • en cas de refus d’accès aux biens communs et à la demande d’un époux ou d’une épouse (article 185 du Code civil) ;
  • à la demande du représentant légal d’un époux ou d’une épouse (article 185, paragraphe 3, du Code civil) ;
  • à la demande de l’autorité de surveillance (article 189 du Code civil)

Annulation de la séparation de biens

Il est également possible d’abandonner le régime de la séparation de biens et d’adopter la participation aux acquêts ou la communauté de biens comme régime matrimonial du couple. Si cette décision est prise par les époux, ils doivent tous deux y consentir et modifier le contrat de mariage ou en faire rédiger un nouveau. (art. 187 CC, alinéa 1)

En l’absence d’accord commun entre les époux, ce changement peut également être décidé par le juge si l’un des époux en fait la demande. La séparation de biens peut également être partiellement annulée s’il n’y a pas de raisons valables de le faire. Cela peut être le cas, par exemple, lorsqu’un(e) époux(se) a réglé des dettes nées avant le mariage. (art. 187 CC, alinéa 2)

Séparation de biens et droit successoral

En cas de décès de l’un des conjoints, le régime de la participation aux acquêts prévoit le partage de l’ensemble des biens entre le conjoint restant et les enfants. Dans le régime de la séparation de biens, cependant, les questions d’héritage sont également différentes. En cas de décès de l’un des conjoints, le conjoint restant ne conserve, sans disposition particulière, que la propriété de ses propres biens, et non de ceux du conjoint décédé.

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FAQ SUR LES RÉGIMES MATRIMONIAUX : Régime matrimonial de la séparation de biens

Le régime de la séparation de biens régit les relations de propriété. Il prévoit une stricte séparation des biens entre les époux avant et pendant le mariage. Dans ce régime, les époux n’ont à aucun moment de biens communs ni de dettes communes.

Le grand avantage de ce régime matrimonial est qu’en cas de divorce, la liquidation du régime matrimonial se déroule de manière très simple. Les époux restituent les biens de l’autre et les éventuelles dettes réciproques sont réglées. S’il reste ensuite des biens dont le propriétaire ne peut pas être clairement identifié, ils sont d’abord acceptés comme biens communs. Le partenaire qui a le plus d’intérêt peut les reprendre, pour autant qu’il ou elle dédommage l’autre partenaire pour leur valeur.

Le régime matrimonial prévu par la loi en Suisse est, selon l’article 181 du Code civil, la participation aux acquêts, et non la séparation de biens. Si un couple souhaite se marier sous le régime de la séparation de biens, cela doit être réglé par un contrat de mariage. Celui-ci doit être authentifié par un notaire pour être juridiquement valable.

Ce régime matrimonial est recommandé aux époux qui possèdent un patrimoine important ou des biens immobiliers. Il convient également aux époux entrepreneurs qui souhaitent protéger leur entreprise d’éventuels litiges en cas de divorce.

 

Les époux peuvent à tout moment dissoudre leur régime matrimonial par un (nouveau) contrat de mariage et en adopter un autre. Toutefois, cela doit toujours se faire d’un commun accord et être à nouveau authentifié par un notaire. Dans le cas de la séparation de biens, il existe toutefois une option selon laquelle le régime matrimonial est dissous dès que la raison de la séparation des biens est devenue superflue (art. 187, paragraphe 2, du Code civil). Cela pourrait être le cas, par exemple, lorsque l’un des partenaires a remboursé ses dettes et que, par conséquent, le patrimoine commun du mariage n’est plus menacé.

Il est plus que recommandé, en particulier dans le cas d’une séparation de biens, d’annexer au contrat de mariage une liste d’inventaire établie conjointement. Vous pouvez ainsi vous assurer dès le départ que vos biens vous seront clairement attribués en cas de séparation. Vous avez le droit, en vertu de l’article 195a. CC, vous avez le droit d’exiger à tout moment que votre partenaire participe à l’établissement d’un inventaire.

Droit fédéral

Articles de loi

Contrat de mariage(article 182 CC)

Régime matrimonial extraordinaire(article 185 CC)

Annulation de la séparation de biens(article 187 CC)

Responsabilité envers les tiers(article 249 CC)

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