Mariage ou concubinage : quel statut est le plus avantageux ?
En Suisse, lorsqu’un couple non marié vit ensemble et partage le même toit, on parle de concubinage. Cette union de deux personnes se distingue du mariage à bien des égards. Bien que les deux personnes partagent leur vie quotidienne de la même manière qu’un couple marié, elles ne bénéficient pas de la même protection juridique et sociale qu’un couple marié aux yeux de la loi. En particulier, lorsqu’il y a des enfants communs ou des enfants en jeu, il y a souvent des incertitudes quant aux dispositions légales, par exemple en ce qui concerne la garde des enfants, la pension alimentaire ou la succession.
Il existe également des différences en ce qui concerne la prévoyance vieillesse, notamment la rente AVS : En concubinage, les partenaires n’ont pas droit à une rente de survivant, comme c’est le cas pour les couples mariés. Dans cet article, vous en apprendrez plus sur les différences entre le mariage et le concubinage, ainsi que sur les avantages et les inconvénients de chaque statut et les aspects légaux à prendre en compte.
Mariage ou concubinage : le système des trois piliers
L’une des principales raisons pour lesquelles les gens se marient en Suisse est de garantir une protection sociale et juridique adéquate aux deux conjoints, notamment en cas de décès ou de séparation. Avant de pouvoir se poser la question du mariage ou du concubinage, il est donc d’abord important de savoir comment fonctionne le « système des trois piliers » de la prévoyance suisse.
Qu’est-ce que le système des trois piliers ?
Le système de prévoyance à trois piliers est inscrit dans l’article 111 de la Constitution fédérale suisse depuis 1972. Il s’agit d’une combinaison de trois assurances : une assurance publique, une assurance professionnelle et une assurance individuelle. L’assurance publique est censée couvrir le minimum vital, tandis que la prévoyance professionnelle est versée par l’employeur. Le 3e pilier est une assurance individuelle facultative et peut être organisé de manière individuelle.
1er pilier : assurance vieillesse, survivants et invalidité
Le premier pilier relève de la compétence de l’État et vise à garantir à chaque individu une protection sociale minimale après la retraite, en cas de décès ou d’invalidité. Cette assurance est obligatoire pour toutes les personnes qui vivent et travaillent en Suisse. Le premier pilier comprend
l’assurance vieillesse et survivants (AVS)
- Assurance invalidité (AI)
- Assurance chômage (AC)
- Allocation pour perte de gain (APG)
2e pilier : prévoyance professionnelle
Le deuxième pilier consiste en un régime de pension d’entreprise dont l’employeur est responsable. Les travailleurs indépendants peuvent généralement cotiser volontairement à ce pilier. Cette mesure de prévoyance est communément appelée « caisse de pension ». Elle vise à compléter les prestations du premier pilier afin de maintenir le même niveau de vie en cas de retraite, de décès ou d’invalidité.
3e pilier : prévoyance privée
Le troisième pilier est la prévoyance vieillesse individuelle à laquelle les citoyens exerçant une activité professionnelle souscrivent sur une base volontaire. Il s’agit d’une couverture optionnelle qui complète les prestations des premier et deuxième piliers.
Qu'est-ce que le concubinage ?
Dans le domaine juridique, le terme « concubinage » est utilisé pour désigner une union non matrimoniale. Dans la vie quotidienne, les concubins ne sont pas différents des couples mariés et partagent généralement leur vie de la même manière. Toutefois, devant la loi, les deux partenaires sont considérés comme des personnes individuelles, le concubinage n’étant pas inscrit dans la loi. En cas de séparation ou de décès de l’un des partenaires, ils ne bénéficient donc pas de la même protection sociale et juridique qu’un couple marié.
Quelle est la couverture en cas de maladie ou de décès ?
Si vous vivez en concubinage, votre partenaire n’a pas droit aux prestations réciproques du premier pilier. De même, les prestations du deuxième pilier ne sont généralement pas disponibles pour l’autre partenaire. Toutefois, cela dépend des différents régimes de retraite et il est parfois possible qu’une pension soit prévue pour le partenaire. Nous vous recommandons de vous renseigner directement auprès de votre caisse de pension pour savoir si cela est possible et comment cela fonctionne.
Cela signifie également qu’en cas de décès, le concubin restant n’a pas droit à une rente de veuf ou de veuve, à l’AVS ou à l’assurance accident de son partenaire. Il n’y a pas d’héritage automatique. Il est possible d’être désigné comme bénéficiaire dans le testament, mais les montants minimums pour les descendants ou les parents du défunt ont et doivent être respectés en premier. Si vous recevez un héritage du partenaire décédé, vous ne pouvez pas demander de réduction d’impôt.
Quelles sont les dispositions à prendre en cas de séparation ?
En cas de séparation d’un couple de concubins, il n’y a pas de partage mutuel du capital de prévoyance du deuxième pilier. Cette situation peut être très défavorable pour le partenaire qui s’est occupé du ménage pendant la relation et peut, dans certains cas, le mettre dans une situation financière précaire.
Prestations du troisième pilier
Il n’y a pas non plus de règles concernant le paiement des prestations du troisième pilier, qui peuvent être facultatives et personnalisées. La prévoyance liée (pilier 3a) et la prévoyance libre (pilier 3b) peuvent être versées ou non à un partenaire en fonction de la couverture d’assurance.
Concubinage et enfants
Pour les couples vivant en concubinage, l’autorité parentale est automatiquement attribuée à la mère biologique de l’enfant (art. 252 CC). Pour faire reconnaître ses droits et obligations envers son enfant, le père biologique doit déposer une demande d’autorité parentale auprès de l’office d’état civil, de préférence jusqu’à un an après la naissance (art. 260 CC). Cette déclaration doit être faite conjointement par les deux parents, qui acceptent d’assumer ensemble la responsabilité de leur enfant et de se mettre d’accord sur les modalités de prise en charge de l’enfant. Depuis le 1er janvier 2018, il est également possible de déposer une demande d’adoption de l’enfant d’un partenaire (art. 264 du Code civil).
Quels sont les avantages du concubinage ?
Même si la protection juridique et sociale du concubinage est nettement plus faible que celle du mariage, cette forme de vie commune présente certains avantages. Par exemple, chaque concubin peut recevoir une pension individuelle du premier pilier jusqu’à un montant maximum de 4.700 CHF. Pour les couples mariés, ce montant est toutefois limité à 3.585 CHF. En outre, les concubins peuvent bénéficier d’avantages fiscaux par rapport aux couples mariés en raison de leur imposition séparée.
Quels sont les avantages du mariage par rapport au concubinage ?
En Suisse, le mariage est défini comme une relation protégée par la loi. Il offre donc généralement plus de protection qu’une union de fait, puisque les deux conjoints sont reconnus comme un couple aux yeux de la loi. Ainsi, en cas de décès, le partenaire survivant a droit à des prestations du premier et du deuxième pilier. Une rente est donc accordée par l’assurance vieillesse et généralement complétée par la prévoyance professionnelle.
En ce qui concerne les prestations du troisième pilier, chaque régime est différent selon le contrat. En général, le conjoint est prioritaire pour le versement des prestations, suivi par les enfants, les personnes à charge, les parents, les frères et sœurs et les autres héritiers du couple.
Protection en cas de divorce
Contrairement au concubinage, le mariage détermine la répartition des biens entre les époux en cas de divorce. Conformément à l’article 181 du Code civil, les couples mariés sont soumis au régime matrimonial ordinaire de la participation aux acquêts, mais les époux peuvent également conclure un contrat de mariage et convenir d’un autre régime matrimonial, par exemple la séparation de biens. En cas de divorce, les questions relatives au partage des biens sont donc déjà réglées.
En ce qui concerne les prestations sociales, un tribunal peut décider de verser une pension à l’un des conjoints. En outre, les prestations du premier pilier (AVS) sont réparties en fonction de la durée du mariage. Les avoirs du deuxième pilier sont partagés à parts égales, à l’exception des avoirs de prévoyance.
Pourquoi conclure un contrat de concubinage ?
Si vous choisissez de vivre en concubinage avec votre partenaire, vous ne bénéficiez pas de la même protection sociale et juridique qu’un couple marié. En cas de décès ou de séparation, les conséquences peuvent être très défavorables pour l’un des partenaires, qui n’a alors aucun recours juridique. Cela est particulièrement vrai si vous avez un ou plusieurs enfants. C’est pourquoi il est recommandé aux couples non mariés de conclure ce que l’on appelle un contrat de concubinage.
Comment rédiger un contrat de concubinage ?
La conclusion d’un contrat de concubinage n’est ni obligatoire ni prescrite par la loi. Pour être valable, cet accord écrit ne doit pas être authentifié par un notaire, sauf s’il contient des questions de succession. Dans ce cas, il est nécessaire de rédiger un acte authentique. Le contrat de concubinage sert à établir l’inventaire des biens, à répartir les frais de ménage et de logement et à régler les questions de retraite. En général, un tel contrat comprend les points suivants :
- Inventaire des actifs
- Statut des logements achetés
- Devenir du logement en copropriété en cas de séparation
- Ventilation des dépenses courantes
- Montant de la pension alimentaire mensuelle versée au partenaire en cas de séparation
- Bénéficiaire d’une assurance risque décès, si celle-ci a été souscrite
- Détermination de l’autorité parentale
Si vous avez d’autres questions, un avocat en droit de la famille peut vous aider.
FAQ SUR LE SUJET : Concubinage
Le concubinage désigne l’union d’un couple non marié. Dans la pratique, ce couple vit sous le même toit qu’un couple marié. Toutefois, les mesures de protection sociale et juridique auxquelles ils ont droit sont différentes.
Si l’un des partenaires décède, le partenaire restant n’est pas automatiquement désigné comme héritier. Les enfants et les parents du défunt ont la priorité. Il est toutefois possible de désigner le partenaire comme bénéficiaire d’une partie de l’héritage dans un testament, à condition de respecter les réserves des descendants et des parents.
Si vous recevez un héritage d’un concubin, vous devez payer des droits de succession. La réduction de l’impôt sur les successions par des parents proches ne s’applique pas aux concubins.
Un couple vivant en concubinage est imposé séparément. Cela signifie que chaque partenaire fait sa propre déclaration d’impôt, ce qui peut être avantageux sur le plan fiscal dans certains cas.
Un couple non marié ayant un enfant doit déclarer l’autorité parentale conjointe devant l’office d’état civil afin que le père, également biologique, puisse exercer ses droits et obligations envers son enfant. Si cette déclaration conjointe n’est pas faite par les époux, seule la mère biologique détient l’autorité parentale.
Le concubinage peut présenter des avantages fiscaux, car les deux partenaires sont imposés séparément. En outre, chaque personne a droit à une pension du premier pilier qui peut être globalement plus élevée que celle des personnes mariées.
Il est fortement recommandé aux couples non mariés de faire reconnaître légalement leur union par un contrat de cohabitation. Un contrat de concubinage règle le partage des biens et des frais en cas de décès ou de séparation.
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