L’influence du régime matrimonial sur le divorce

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Kalender Icon 2 mai 2025

En Suisse, vous pouvez définir un régime matrimonial dans un contrat de mariage. Celui-ci règle, pendant et surtout après le mariage, quels biens et valeurs appartiennent à quel partenaire. Il existe trois régimes matrimoniaux qui ont des conséquences différentes sur le partage des biens en cas de divorce. Dans cet article, vous trouverez un aperçu des différents régimes matrimoniaux et de leur influence sur un divorce et les cas de responsabilité.

En un coup d'œil

  • En Suisse, trois régimes matrimoniaux différents régissent la répartition des biens au sein d’une communauté conjugale : la participation aux acquêts, la séparation de biens ou la communauté de biens.
  • Le régime matrimonial ordinaire prévu par le Code civil, art. 196 et suivants, est la participation aux acquêts pour tous les couples mariés. Ils peuvent choisir un autre régime matrimonial dans un contrat de mariage authentifié.

Qu'est-ce qu'un régime matrimonial ?

Le régime matrimonial fait partie du droit suisse des biens et désigne l’ensemble des règles qui, au sein d’un mariage, déterminent la propriété des différents biens et avoirs des deux partenaires. Le régime matrimonial détermine également si les dettes éventuelles sont partagées ou non.

Comment le régime matrimonial s’applique-t-il en cas de divorce ?

En cas de dissolution du mariage ou de décès, le régime matrimonial a une influence considérable sur la manière dont les biens sont répartis par la suite et à qui reviennent les bénéfices du mariage. Le processus par lequel les droits sont déterminés et appliqués est appelé liquidation du régime matrimonial et se déroule différemment selon le régime matrimonial. Un avocat vous conseillera volontiers sur la situation.

Quels sont les régimes matrimoniaux en vigueur en Suisse ?

En Suisse, le droit des biens distingue en principe trois régimes matrimoniaux différents : Il y a la participation aux acquêts, la séparation de biens et la communauté de biens. Il existe en outre une sorte de quatrième régime matrimonial, appelé participation aux acquêts modifiée. Vous pouvez choisir l’un de ces régimes matrimoniaux avant ou pendant votre mariage et le consigner dans un contrat de mariage. Celui-ci doit toujours être authentifié par un notaire pour être juridiquement valable. Si vous ne concluez pas de contrat de mariage, la loi stipule dans les articles 196 et suivants du Code civil suisse que la participation aux acquêts est la propriété de chacun des époux. CC, la participation aux acquêts est le régime matrimonial ordinaire.

Participation aux acquêts

Dans le régime de la participation aux acquêts, on distingue les biens propres des deux conjoints et ce que l’on appelle les acquêts. Dans ce régime matrimonial, on ne part d’abord pas d’un patrimoine commun, mais on considère les masses de biens des deux conjoints indépendamment l’une de l’autre. Selon l’article 198 du Code civil, les biens propres désignent tous les objets et valeurs que vous et votre partenaire possédez et gérez indépendamment du mariage. Les biens propres comprennent donc, par exemple, les biens personnels ou les héritages que vous avez apportés dans le mariage.

Conformément à l’article 197 du Code civil, la catégorie des acquêts comprend les revenus que vous avez obtenus individuellement ou conjointement pendant le mariage. Il s’agit entre autres de votre salaire, des prestations de votre assurance sociale ou des bénéfices provenant d’investissements et des intérêts qui en découlent. Ce n’est qu’en cas de liquidation du régime matrimonial qu’il est pertinent de savoir si vous et votre conjoint avez réalisé des acquisitions communes et, le cas échéant, lesquelles.

Cas particulier : la participation aux acquêts modifiée

Vous avez la possibilité, dans le cadre d’un contrat de mariage, d’apporter certaines modifications au régime de la participation aux acquêts en tant que régime matrimonial légal (article 199 du Code civil). Vous pouvez par exemple déclarer expressément que le produit de votre travail est votre bien propre ou exclure la participation à la plus-value. De telles modifications contractuelles ont, entre autres, une influence sur les questions successorales en cas de décès ou peuvent servir à la protection économique de votre entreprise. C’est pourquoi il est toujours conseillé de demander l’avis d’un avocat avant de rédiger un contrat de mariage pour une participation aux acquêts modifiée.

Que se passe-t-il dans le cas d’une participation aux acquêts en cas de divorce ?

A moins que vous n’ayez apporté d’autres modifications à la participation aux acquêts, la liquidation du régime matrimonial en cas de divorce se déroule généralement en six étapes :

  • Séparation des biens : les biens des deux conjoints sont d’abord séparés et attribués respectivement au mari ou à la femme (art. 205 du Code civil).
  • Séparation : les biens propres respectifs sont séparés en tant que masse de biens, afin que les acquêts puissent ensuite être considérés séparément. Les dettes éventuelles sont également attribuées, dans la mesure du possible, à l’un des époux (art. 209 CC).
  • Evaluation : les acquêts sont maintenant évalués dans leur état actuel et fixés en termes d’objets. Les éventuelles modifications de valeur peuvent être prises en compte jusqu’à la fin de la liquidation (art. 211 CC).
  • Ajout : la quatrième étape consiste à ajouter à la valeur fixée les éventuelles donations à titre gratuit faites à des tiers au cours des cinq dernières années. Les éventuelles opérations de contournement qui devraient réduire la valeur de la participation peuvent également être imputées ici (art. 208 du Code civil).
  • Proposition : si la valeur totale de tous les acquêts, y compris les dettes et les ajouts, est positive (également appelée solde actif), elle est désormais considérée comme une proposition. Sauf convention contraire, chaque partenaire a droit à la moitié du montant proposé (art. 210 et 215 CC).

Séparation de biens

Comme son nom l’indique, ce régime matrimonial, régi par les articles 247 et suivants du Code civil, prévoit que les biens sont séparés. CC, tous les biens sont considérés séparément. Il n’y a pas d’acquêts communs, seulement les biens propres des deux partenaires. Lors de la dissolution d’un mariage, la liquidation du régime matrimonial est donc très simple : vous et votre partenaire reprenez chacun vos biens propres. Les dettes éventuelles sont ensuite réglées séparément. En règle générale, les dettes ne sont pas transférables dans ce régime matrimonial – chaque conjoint est responsable de ses propres dettes.

Conseil : tenez un inventaire

Pour éviter les solutions inéquitables ou les désaccords lors d’un divorce en Suisse, il est judicieux d’annexer au contrat de mariage une liste d’inventaire certifiée. L’article 195a du Code civil suisse stipule que les époux peuvent demander à l’autre d’établir un inventaire commun – car en cas de doute, vous devez pouvoir prouver que vous possédez réellement un objet ou un bien. Un inventaire vous permet de consigner fidèlement l’état de vos biens respectifs et de vous assurer qu’ils seront considérés séparément en cas de litige.

Communauté de biens

Dans ce troisième régime matrimonial, il y a d’une part les biens propres de chacun des époux et d’autre part les biens communs (art. 221 et suivants du Code civil). Dans ce cas, seuls les biens dont vous avez l’usage et la gestion exclusifs sont considérés comme des biens propres. Dans ce sens, il s’agit par exemple d’objets de la vie quotidienne tels que des vêtements, mais en partie aussi de parts d’héritage personnelles ou de donations qui peuvent être considérées comme des biens propres. Tous les autres biens sont considérés comme des biens communs et vous appartiennent indivisément, à moins que le contrat n’en dispose autrement.

Que se passe-t-il dans une communauté de biens en cas de divorce ?

Lorsqu’une communauté de biens est dissoute, la liquidation du régime matrimonial se fait généralement en trois étapes :

  • Affectation : la première mesure consiste à déterminer la valeur de l’ensemble de vos biens, y compris les dettes, et à affecter les actifs respectifs à vous ou à votre partenaire.
  • Partage des droits patrimoniaux : ensuite, les deux conjoints formulent leurs droits sur les différents biens au sein du patrimoine commun.
  • Exécution des créances : En dernier lieu, les créances sont exécutées après un accord et les deux partenaires récupèrent les actifs qui leur reviennent.

Quelle est l'influence du régime matrimonial sur les cas de responsabilité ?

De nombreuses personnes pensent que la seule façon de se protéger contre la responsabilité des dettes de leur conjoint au sein d’un mariage est de conclure un contrat de séparation de biens. En réalité, les dettes ne sont pas transférables, même au sein d’un mariage. En Suisse, quel que soit le régime matrimonial d’un couple, chaque personne est responsable de ses propres dettes (article 203 du Code civil). Peu importe que les dettes aient été contractées avant ou pendant le mariage. Dans une communauté de biens, si vos biens communs sont surendettés, les dettes sont réparties de manière égale entre les deux époux.

La protection contre les dettes s’applique même si, par exemple, votre partenaire fait l’objet d’une poursuite. Dans ce cas, les créanciers ne peuvent saisir que les biens propres ou les acquêts de votre conjoint – vos propres biens ne sont pas affectés.

Quel est le régime matrimonial le plus adapté à mon mariage ?

Lors d’une consultation en droit de la famille, les deux conjoints peuvent d’abord exprimer leurs souhaits et leurs idées et, sur cette base, choisir un régime matrimonial approprié. Vous pouvez ainsi vous assurer que toutes les conditions et modalités sont juridiquement valables et aussi équitables que possible pour les deux partenaires. Une fois que vous avez fixé un régime matrimonial par contrat et que vous l’avez fait authentifier, celui-ci est juridiquement valable. Cela signifie que vous ne pouvez y apporter des modifications qu’après avoir obtenu l’accord des deux parties. Il peut donc être utile, en particulier dans le cas de situations patrimoniales complexes, de faire appel à un avocat en droit de la famille pour rédiger un contrat correspondant à votre régime matrimonial.

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FOIRE AUX QUESTIONS : Régime matrimonial

Au sein du régime matrimonial suisse (art. 181-251 CC), il existe différents régimes matrimoniaux qui régissent la répartition des biens individuels et partagés entre deux conjoints. Vous pouvez définir ou modifier votre régime matrimonial avant ou pendant le mariage dans un contrat de mariage. Même en cas de décès de l’un des conjoints, le régime matrimonial a une influence sur les conséquences successorales et les parts que reçoit le partenaire restant.

Le Code civil suisse distingue trois régimes matrimoniaux différents : la participation aux acquêts, la séparation de biens et la communauté de biens. Les conditions de la participation aux acquêts et de la communauté de biens peuvent être modifiées par contrat et adaptées à leurs souhaits individuels.

Le Code civil suisse stipule que le régime matrimonial ordinaire pour tous les couples mariés est la participation aux acquêts (art. 196 et suivants du Code civil). Si vous n’avez pas établi de contrat de mariage, vos biens sont donc automatiquement répartis entre vos biens propres, les biens propres de votre partenaire et vos acquêts respectifs. En cas de liquidation du régime matrimonial lors d’un divorce, une proposition de partage sera élaborée après l’évaluation de vos deux acquêts.

Vous pouvez modifier ou dissoudre votre régime matrimonial à tout moment. Toutefois, cela doit toujours se faire en accord avec votre partenaire et être consigné dans un contrat de mariage authentifié (art. 187 CCS). Dans certains cas, un tribunal peut également ordonner la dissolution de votre régime matrimonial ou une séparation de biens, par exemple si l’un des partenaires est déclaré en faillite (art. 188 CC).

Le plus grand avantage de ce régime matrimonial est qu’en cas de liquidation du régime matrimonial, les deux conjoints restent en possession de leurs propres biens. Ceci est particulièrement important pour garantir l’indépendance financière après une séparation ou même après un décès. En outre, de nombreux couples optent pour un régime matrimonial contractuel, par exemple pour assurer la pérennité économique de leur entreprise.

Si votre partenaire a des dettes envers des tiers, vous n’êtes jamais responsable de ces dettes, quel que soit votre régime matrimonial. Même en cas de divorce, les deux partenaires règlent eux-mêmes leurs dettes et se contentent de régler leurs dettes réciproques.

Il n’y a pas de régime matrimonial qui soit recommandé de manière générale pour tous les couples mariés. En fonction de la situation patrimoniale de chacun, il est préférable de se faire conseiller en droit de la famille afin de pouvoir, le cas échéant, rédiger un contrat de mariage dans l’intérêt des deux conjoints.

Droit fédéral

Articles de loi

Acquisitions(article 181 du CC)

Communauté de biens(article 221 du CC)

Séparation de biens(article 185 du CC)

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