La situation juridique en matière de divorce en Suisse
Pour qu’un divorce en Suisse se déroule dans les meilleures conditions possibles, il est toujours recommandé de se familiariser avec les dispositions légales et la situation juridique actuelle. Mieux vous les connaîtrez, plus vite vous pourrez entreprendre les démarches nécessaires et mieux défendre vos intérêts en cas de litige. Dans cet article, nous vous présentons les principaux aspects du droit suisse du divorce et vous expliquons quand vous devriez faire appel à un avocat.
Quelle est la situation légale en matière de divorce en Suisse ?
Le droit suisse du divorce a pour objectif de régler les conséquences d’un divorce de la manière la plus équitable possible, tant pour les deux ex-conjoints que pour leurs enfants. Il s’agit d’une part de l’indépendance économique des deux partenaires après le mariage et du partage des biens communs, comme par exemple le logement familial. En outre, s’il y a un ou plusieurs enfants mineurs dans le mariage, la préservation de l’intérêt supérieur de l’enfant par le versement d’une pension alimentaire et des dispositions relatives à la garde est au centre des discussions.
En règle générale, aucun divorce ne ressemble à un autre. Néanmoins, il existe des conditions juridiques de base qui déterminent la manière dont la procédure de divorce peut et va se dérouler. Les conditions dans lesquelles vous demandez le divorce ont une influence déterminante.
Conditions préalables au divorce
Le Code civil suisse distingue deux conditions différentes pour le divorce : Tout d’abord, il y a le divorce sur requête commune selon les articles 111 et suivants du Code civil suisse. Il y a ensuite le divorce par consentement mutuel, qui est demandé au juge par les deux partenaires. On distingue ici
- L’accord global (art. 111 CC) : Les partenaires se sont mis d’accord sur toutes les conséquences du divorce et soumettent les pièces justificatives et les demandes correspondantes (convention de divorce) au tribunal pour examen.
- L’accord partiel (art. 112 CC) : Le divorce est demandé par consentement mutuel, mais il existe des désaccords sur les conséquences du divorce, qui sont tranchées par le juge.
Le deuxième motif est le divorce sur demande de l’un des époux. Là encore, il existe deux variantes :
- Le divorce après séparation (art. 114 du Code civil) : L’un des conjoints demande le divorce après que les époux ont vécu séparément pendant au moins deux ans.
- Le divorce pour cause d’intolérabilité (art. 115 CC) : Le délai de deux ans peut ne pas être respecté si le mariage est devenu intolérable pour l’un des conjoints en raison de motifs graves et non imputables à l’un d’entre eux.
Comment la loi régit-elle les conséquences d'un divorce ?
Un divorce a des conséquences importantes pour toutes les personnes concernées, notamment pour les enfants du couple. Ainsi, vous devez décider de ce qu’il adviendra du logement commun et clarifier le partage des biens matrimoniaux ainsi que les éventuelles pensions alimentaires et la répartition de la garde des enfants. Alors que certains couples règlent ces questions d’un commun accord, d’autres peuvent parfois connaître des désaccords et des conflits. C’est pourquoi le Code civil suisse donne quelques directives pour régler les conséquences d’un divorce et les obligations ultérieures de la manière la plus équitable possible pour toutes les parties.
Pension alimentaire : Conjoint
En règle générale, après un divorce, les deux conjoints sont responsables de leur propre subsistance. Toutefois, il peut arriver que la partenaire ait cessé de travailler pour s’occuper des enfants pendant le mariage et qu’il lui soit difficile, voire impossible, de se réinsérer directement dans la vie professionnelle. Dans ce cas, la partenaire peut faire valoir son droit à une pension alimentaire après le mariage, conformément à l’article 125 du Code civil.
Dans un tel cas, le tribunal compétent examine les ressources financières exactes et les besoins des deux partenaires pendant et après le mariage. Sur cette base, il peut fixer une rente que la partenaire recevra pendant une période déterminée. Il est également possible de verser une indemnité unique (art. 126 du Code civil).
Entretien : enfants
Si vous avez des enfants mineurs, les deux partenaires sont tenus de continuer à verser la pension alimentaire pour les enfants après le divorce. Le tribunal compétent décide du montant de la pension alimentaire. Celui-ci est déterminé d’une part en fonction des besoins de l’enfant et d’autre part en fonction de la situation financière du partenaire débiteur (art. 133 CC).
Par exemple, si vous vivez avec l’enfant, votre contribution aux frais de subsistance est en grande partie couverte par les soins que vous lui apportez. En revanche, l’autre partenaire est tenu de verser une pension alimentaire mensuelle dans la mesure où il dispose lui-même d’un revenu couvrant son propre minimum vital. Le montant des paiements est toutefois adapté à la part correspondante de la prise en charge de l’enfant.
Garde des enfants
En Suisse, depuis 2014, l’autorité parentale conjointe est la règle en cas de divorce. Le tribunal du divorce ou l’autorité de protection de l’enfant et de l’adulte compétente est chargé de répartir équitablement les droits et les devoirs parentaux – c’est-à-dire les pensions alimentaires, le logement de l’enfant, les parts de garde et les contacts personnels avec les deux parents.
Le bien-être et l’intérêt de l’enfant sont toujours au centre des préoccupations. Par exemple, l’enfant peut aussi demander à vivre en alternance chez ses deux parents. Ce n’est que si le tribunal estime que l’intérêt de l’enfant est menacé par l’un des parents qu’il peut, en vertu de l’article 198 du Code civil, accorder l’autorité parentale exclusive à l’autre partenaire.
Partage des biens et du logement familial (régime matrimonial)
Enfin, le partage des biens matrimoniaux fait également partie de la procédure de divorce. C’est là qu’intervient le droit suisse des biens (art. 181-251 CC). Le droit des régimes matrimoniaux détermine notamment, par le choix de l’un des trois différents régimes matrimoniaux, si et comment les époux se répartissent leurs biens pendant et après le mariage. Outre les revenus du travail respectifs des deux partenaires, ces biens comprennent également des biens communs, tels que le logement familial. Il existe trois régimes matrimoniaux :
- La participation aux acquêts selon l’article 181 du CC
- La séparation de biens selon l’article 247 du Code civil
- La communauté de biens selon l’article 221 du Code civil
Le régime matrimonial a une influence considérable sur la manière dont se déroule la liquidation du régime matrimonial en cas de dissolution du mariage. Toutefois, quel que soit le régime matrimonial, si vous possédez un bien immobilier ou le logement familial en commun, le bien est généralement attribué au partenaire qui peut prouver qu’il y a le plus grand intérêt. L’autre partenaire est indemnisé pour sa part du bien.
Combien coûte un divorce en Suisse ?
Les coûts d’un divorce en Suisse dépendent avant tout du type de divorce (à l’amiable ou sur requête unilatérale). Dans le cas d’un divorce à l’amiable avec accord global, les frais de justice et d’avocats sont les plus bas, et donc les coûts de la procédure également.
Plus la situation est complexe et plus le tribunal doit prendre de décisions, plus les frais de divorce sont élevés. C’est pourquoi il n’est guère possible d’indiquer un montant forfaitaire pour les frais de divorce. De plus, les frais de justice varient d’un canton à l’autre.
Combien de temps dure un divorce en Suisse ?
La durée d’un divorce en Suisse dépend également de la complexité de la situation. En principe, un divorce à l’amiable prend entre un et six mois. En revanche, dans le cas d’une demande unilatérale, vous devez normalement avoir vécu séparé de votre partenaire pendant au moins deux ans avant de pouvoir demander le divorce. Ce n’est que si la poursuite du mariage est absolument déraisonnable que vous pouvez aller en deçà de ce délai et demander le divorce plus tôt. En Suisse, une convention de divorce avec accord complet ou partiel vous donne donc les meilleures chances d’obtenir une durée de divorce aussi courte que possible.
Quand dois-je me faire représenter juridiquement en cas de divorce ?
Les divorces sont généralement des processus non seulement émotionnellement chargés, mais aussi bureaucratiquement complexes. Même dans le cas d’un divorce à l’amiable, il est important de connaître les conditions de rédaction d’une convention de divorce afin de pouvoir la faire appliquer sans complications supplémentaires devant le tribunal. Plus un divorce est litigieux, plus il est important d’avoir à vos côtés des conseils avisés qui vous représentent et défendent vos intérêts devant le tribunal.
En ce sens, nous vous recommandons, si vous décidez de divorcer, de demander conseil à un avocat spécialisé en droit de la famille. Grâce à son expertise, il peut vous donner un aperçu de la situation juridique en vigueur ainsi que de vos options d’action dans votre situation individuelle. L’aide juridique d’un avocat est particulièrement précieuse en cas de divorce contentieux et peut avoir une influence considérable sur les conséquences du divorce.
FAQ SUR LE DIVORCE : Divorce en Suisse
Les divorces sont des processus hautement personnalisés, dont le déroulement exact n’a pas de structure générale. En principe, vous devez vous adresser au tribunal civil compétent de votre canton de résidence pour déposer une demande de divorce. Il est préférable de se faire conseiller en droit de la famille afin de respecter les dispositions formelles nécessaires et de rédiger une convention de divorce.
Le coût d’un divorce en Suisse dépend en grande partie du fait que vous l’ayez demandé à l’amiable ou non. Les frais de justice varient également d’un canton à l’autre. Dans le cas d’un divorce par consentement mutuel, les frais peuvent tout à fait être inférieurs à 1.000 CHF.
Un divorce par consentement mutuel prend généralement entre un mois et six mois. Toutefois, plus la situation est complexe, plus les négociations peuvent durer longtemps. Dans le cas d’une demande unilatérale, il faut généralement qu’au moins deux ans de séparation se soient écoulés avant que vous puissiez demander le divorce.
En Suisse, le partage des biens matrimoniaux, y compris le logement familial, est notamment régi par le régime matrimonial. Selon le régime matrimonial que vous aviez pendant le mariage, vous avez toujours droit au moins à vos biens propres, tandis que les éventuels biens communs sont en général répartis entre les partenaires de manière égale et en fonction de leur valeur. Un avocat spécialisé dans le droit de la famille peut vous conseiller sur votre situation individuelle et vous représenter dans le cadre d’une liquidation de régime matrimonial.
En principe, les deux conjoints doivent payer leur propre pension alimentaire après le divorce. Toutefois, si l’un des partenaires se trouve dans le besoin sans que cela soit de sa faute (ou du fait du mariage), il peut demander au tribunal de lui verser une pension alimentaire limitée dans le temps.
Si le couple décide de mettre fin à sa relation, il peut demander la dissolution du partenariat enregistré. Dans ce cas, le tribunal compétent du canton de résidence de l’un des deux partenaires doit être saisi. Dès que la dissolution est prononcée, l’état civil des anciens partenaires devient « partenariat dissous ».
Depuis 2014, la règle est que l’autorité parentale conjointe doit être maintenue même en cas de divorce. Ce n’est que si l’intérêt de l’enfant est menacé que le tribunal chargé de prononcer le divorce peut accorder la garde exclusive à l’un des parents.
Si le divorce est demandé par les deux partenaires, il n’y a pas d’obligation légale à cet égard. Toutefois, si vous souhaitez introduire une demande de divorce et qu’il n’y a pas de motifs graves, une période de séparation d’au moins deux ans s’applique.
- Démarrer la demande
- Réserver un rendez-vous
- Payer prix fixe
- Commencer la collaboration