Garde conjointe : cadre juridique et informations générales
En Suisse, les conditions de l’autorité parentale conjointe sont en principe régies par les articles 296 et suivants du Code civil. Depuis 2014, il est également possible pour les couples non mariés d’obtenir l’autorité parentale conjointe pour un enfant, qui doit toutefois être demandée conjointement par les deux parents auprès de l’office d’état civil. Informez-vous dans cet article sur les bases juridiques de la garde conjointe, ses conséquences et son application pratique.
Principe juridique de la garde conjointe
Lorsqu’un couple marié donne naissance à un enfant, la question de l’autorité parentale est claire, car selon le droit suisse, l’autorité parentale est détenue conjointement par les deux parents. En cas de divorce, l’autorité parentale reste par défaut conjointe, mais l’autorité parentale et la garde peuvent être partagées (également connue sous le nom de garde alternée) ou, dans certaines circonstances, n’être attribuées qu’à un seul parent (le second parent ne conserve ainsi que le droit de visite). Le juge décide de l’attribution de la garde sur la base de l’intérêt supérieur de l’enfant (article 298, paragraphe 2, du Code civil).
En cas de garde conjointe ou alternée, les parents exercent ensemble l’autorité parentale et la garde selon des rythmes alternés. Ces derniers sont organisés en périodes alternées et régulières, fixées en jours, semaines ou mois (voir l’arrêt du Tribunal fédéral 5A_844/2019). Par exemple, l’enfant peut vivre avec sa mère du dimanche soir au vendredi après-midi et avec son père du vendredi après-midi au dimanche soir. Il serait également possible qu’il passe les semaines paires chez sa mère et les semaines impaires chez son père.
Garde conjointe pour les couples non mariés
Depuis 2014, la loi prévoit également l’autorité parentale conjointe pour les couples non mariés. Une demande doit toutefois être déposée auprès du bureau d’état civil compétent, accompagnée d’une déclaration de consentement des deux parents. Pour les couples non mariés, la mère biologique a par défaut l’autorité parentale exclusive jusqu’à ce que la déclaration de paternité du père biologique soit reconnue (art. 260 du Code civil). La demande d’autorité parentale conjointe selon l’article 298a du CC doit être faite conjointement par les deux parents. Si ce n’est pas le cas et qu’il y a un conflit sur la reconnaissance de la parentalité, l’article 298b CC permet de saisir l’autorité de protection de l’enfant.
Demande de garde conjointe
A la demande de l’un des parents ou même de l’enfant, un tribunal peut prononcer la garde conjointe ou alternée (art. 298d CC). Toutefois, plusieurs critères doivent être remplis pour pouvoir faire cette demande. Premièrement, seuls les parents biologiques de l’enfant, tous deux détenteurs de l’autorité parentale, majeurs et reconnus aptes, peuvent faire une telle demande. Deuxièmement, la demande doit être faite dans l’intérêt de l’enfant. Ainsi, la garde partagée ne doit pas entraîner de difficultés excessives pour l’enfant, comme par exemple de longs trajets pour se rendre à l’école.
Lors de la demande d’autorité parentale conjointe, les parents doivent en outre déclarer leur volonté commune de s’occuper de l’enfant et exposer les modalités de la garde et de la prise en charge de l’enfant. Cette déclaration doit montrer que les parents sont capables de communiquer et de coopérer entre eux et qu’ils sont en mesure d’éduquer leur enfant. Notez que si l’enfant est en mesure de défendre ses propres intérêts, son opinion sera prise en compte avant celle de ses parents (article 298 du Code de procédure civile et article 12 de la Convention relative aux droits de l’enfant).
Garde et responsabilité partagées
Lorsque les parents partagent la garde de leur enfant, ils assument également ensemble les droits et les devoirs relatifs à leur enfant. Par conséquent, l’un des critères d’attribution de la garde conjointe est la capacité des parents à coopérer et à communiquer. Les conflits entre les parents ne doivent pas avoir d’incidence sur le bien-être et l’avenir de l’enfant et l’empêcher de se développer dans de bonnes conditions. En cas de conflit entre les parents sur des décisions concernant l’enfant, un tribunal peut être amené à trancher. Si vous avez besoin d’aide, consultez un avocat spécialisé en droit de la famille.
Si les deux parents exercent l’autorité parentale conjointe sur leur enfant, ils sont responsables, conformément aux articles 301-305 du Code civil, des décisions relatives à l’enfant jusqu’à sa majorité :
- Éducation de l’enfant
- la prise en charge de l’enfant
- la détermination du lieu de résidence
- sa représentation légale
- la gestion de ses biens, de ses économies et de ses richesses.
Autorité parentale = garde parentale ?
En droit suisse de l’autorité parentale, on distingue généralement l’autorité parentale et la garde parentale. La garde comprend le temps de garde et le lieu de résidence légal de l’enfant, qui, dans le cas d’une autorité parentale partagée entre des parents séparés, sont généralement confiés principalement à l’un des deux parents. Cela s’explique tout simplement par le fait que l’enfant ne peut pas se répartir entre deux domiciles en même temps. Dans ce cas, on parle de garde exclusive par l’un des parents. Néanmoins, même en cas de garde exclusive, l’autre parent conserve l’autorité parentale, est soumis à ses obligations parentales et a en outre le droit d’entretenir des relations personnelles avec son enfant.
Limitations de la garde partagée
Si vous partagez la garde de votre enfant, vous ne devez pas prendre à la légère des décisions telles que le déménagement de l’un des parents. L’intérêt supérieur de l’enfant est prioritaire et détermine si le déménagement peut avoir lieu. Si le nouveau logement reste à proximité de celui de l’autre parent, cela ne pose aucun problème sur le plan juridique. En revanche, si le déménagement a lieu en dehors de la Suisse ou s’il a des conséquences graves sur l’exercice de l’autorité parentale, l’accord de l’autre parent est requis par la loi (article 301a, paragraphe 2, du Code civil). Si vous ne parvenez pas à vous mettre d’accord entre vous, il se peut qu’un tribunal doive trancher.
Veuillez noter qu’en cas d’autorité parentale exclusive, le parent qui a la garde de l’enfant n’est pas tenu de demander l’autorisation de déménager. Il est cependant tenu d’en informer l’autre parent (obligation d’information selon l’article 301a, paragraphe 3 du Code civil).
Dans quels cas l'autorité parentale exclusive peut-elle être demandée ?
Dans de rares cas, il est possible qu’un seul des parents ait la garde de l’enfant. On parle alors d’autorité parentale exclusive. Là encore, c’est l’intérêt supérieur de l’enfant qui détermine le choix de la garde exclusive, et celle-ci n’est autorisée que dans des conditions strictes.
L’autorité parentale exclusive peut être convenue en raison, par exemple, de la disponibilité et/ou de la situation professionnelle des parents. Cependant, dans la plupart des cas, seuls les abus, la négligence, les manquements graves aux obligations envers l’enfant et le risque général pour le bien-être de l’enfant justifient l’autorité parentale exclusive. Le retrait de l’autorité parentale est considéré comme le dernier recours pour protéger l’enfant lorsque les autres solutions ont échoué.
FOIRE AUX QUESTIONS : Garde conjointe
L’autorité parentale conjointe signifie que les deux parents détiennent généralement l’autorité parentale et la garde de leur enfant de manière égale. Depuis 2014, l’autorité parentale conjointe est prévue par défaut pour tous les parents, quel que soit leur état civil (célibataire, marié, séparé, divorcé).
En cas de garde conjointe, les deux parents doivent être en mesure de se mettre d’accord sur les questions concernant la vie quotidienne et l’avenir de leur enfant mineur. Ainsi, ils doivent prendre ensemble les décisions relatives à l’éducation, aux soins, à la gestion des économies et à la représentation juridique.
La garde partagée relève de la garde conjointe et est également appelée garde alternée. Elle permet aux parents séparés d’exercer conjointement la garde de leur enfant. Cela se fait alternativement aux deux domiciles des parents, pour des périodes plus ou moins égales qui sont déterminées au moment de la demande.
La demande de garde conjointe doit être faite d’un commun accord par les deux parents, qui doivent notamment considérer l’intérêt supérieur de l’enfant avant leur propre intérêt. Une telle demande ne peut être faite que par écrit et par les parents biologiques de l’enfant. Elle doit également démontrer que chacun des parents est en mesure d’élever son enfant.
Lors de la détermination de l’autorité parentale conjointe, le tribunal tient compte en premier lieu de l’intérêt supérieur de l’enfant. Selon le droit suisse, l’intérêt des parents est secondaire. Par conséquent, si l’enfant est capable de décider lui-même, son avis sera également pris en compte.
Lorsqu’un enfant naît d’un couple non marié, la mère biologique est, par défaut, la seule détentrice de l’autorité parentale et du droit de garde dès la naissance. Les couples non mariés peuvent demander l’autorité parentale conjointe, mais le père biologique doit d’abord faire reconnaître sa paternité. Les deux parents doivent ensuite déposer une demande consensuelle auprès de l’état civil.
En cas de garde conjointe de parents séparés, l’enfant vit en alternance chez ses deux parents. D’autre part, il ne peut légalement avoir qu’un seul domicile (article 23 II du Code civil). Par conséquent, les parents doivent décider ensemble du lieu de résidence principal de l’enfant lorsqu’ils demandent la garde conjointe.
L’autorité parentale exclusive signifie qu’un seul parent a la garde de l’enfant. Il s’agit d’une mesure rare, considérée comme un dernier recours juridique pour protéger les intérêts de l’enfant. En général, l’autorité parentale exclusive est décidée lorsqu’il existe des preuves d’abus ou de négligence et que l’intérêt de l’enfant est menacé.
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