Enfant en famille d’accueil : le droit de visite et d’hébergement des parents
Il peut y avoir des raisons très différentes pour le placement d’un enfant dans une famille d’accueil. Qu’il s’agisse d’un placement volontaire ou d’une décision de l’autorité de protection de l’enfance, la question est toujours la même : quels sont les droits des parents dans cette situation ? Dans cet article, vous apprendrez quand le placement dans une famille d’accueil est nécessaire, quelles sont les conditions de ce placement et quels sont les droits de visite et d’accès des parents biologiques de l’enfant.
Comment fonctionne le système de placement d'enfants en Suisse ?
Les parents sont tenus par la loi d’offrir à leur enfant un environnement sain et sûr (articles 296 et 301 du Code civil, article 11 de la Constitution). Malheureusement, il existe des situations où ce n’est pas ou plus le cas. C’est pourquoi il est parfois nécessaire de placer l’enfant commun dans une famille d’accueil afin de lui offrir un environnement dans lequel il peut s’épanouir librement et en toute sécurité (voir articles 307 et suivants du Code civil). On entend par là le placement temporaire ou à long terme d’enfants dans une autre famille que celle de leurs parents biologiques.
En 2020, près de 20.000 enfants vivaient dans des familles d’accueil ou des foyers, selon les calculs de l’association « PACH Enfants placés et adoptés Suisse ». Un chiffre qui ne cesse d’augmenter. Le placement en famille d’accueil est en effet une mesure qui s’est largement répandue en Suisse au cours des dernières décennies. C’est pourquoi la législation en la matière a considérablement évolué et ne laisse aucune place à l’ambiguïté pour les parents biologiques. Sur le plan juridique, le placement d’enfants en Suisse est principalement régi par l’ordonnance sur le placement d’enfants (OPEE), ainsi que par le code civil (CC) et la Constitution fédérale (Cst).
Le placement de l’enfant dans une famille d’accueil peut être décidé par les parents biologiques de l’enfant, soit sur une base volontaire, soit par une décision de l’autorité de protection de l’enfant. Même si le placement dans une famille d’accueil est décidé sans l’accord des parents, ceux-ci conservent généralement le droit d’entretenir des relations avec leur enfant, à quelques exceptions près (articles 273 et suivants du Code civil).
Quels sont les différents types de familles d’accueil ?
Si nécessaire, les enfants peuvent être placés, pour leur propre protection, soit au domicile d’une famille d’accueil reconnue en vertu de l’article 316 du Code civil, soit chez des proches, soit dans un établissement d’enseignement. Il s’agit de différents types d’établissements : Les hébergements d’urgence, les foyers régionaux et les internats. Ces structures d’accueil offrent à l’enfant une prise en charge complète de jour comme de nuit.
Pendant cette période, la famille d’accueil ou l’institution est responsable des soins et de l’éducation de l’enfant et assume généralement la représentation de toutes les responsabilités de l’autorité parentale (article 300 du code civil). Il peut s’agir d’une part d’une prise en charge temporaire, jusqu’à ce que les parents biologiques soient à nouveau en mesure d’éduquer leur enfant. Une prise en charge à long terme (de remplacement) est également envisageable lorsque les parents ne sont plus en mesure de s’occuper de leur enfant. Il est également possible de placer l’enfant dans une famille d’accueil pour une courte durée, le week-end ou pour le soutenir pendant les vacances scolaires. Dans le cas d’un placement d’urgence, l’enfant est généralement placé dans une famille de réserve jusqu’à ce que la situation soit résolue autrement.
Quand un enfant est-il placé dans une famille d'accueil ?
Dans de nombreux cas, le placement en famille d’accueil est une décision prise contre la volonté des parents biologiques, par exemple lorsque l’autorité parentale leur est retirée.
Il s’agit d’une mesure qui relève de la protection de l’enfant au sens de l’article 307 CC et de l’article 1a, paragraphe 1, de l’OPEE et qui est généralement initiée par l’autorité de protection de l’enfant. En général, le placement dans une famille d’accueil a lieu lorsque les parents ne sont plus en mesure de s’occuper de leur enfant, que ce soit pour des raisons matérielles (difficultés financières) ou pour des raisons psychologiques ou physiques. Les familles d’accueil peuvent également être sollicitées lorsqu’un enfant est maltraité ou gravement négligé à la maison.
Puis-je placer volontairement mon enfant dans une famille d'accueil ?
Dans certains cas, ce sont les parents eux-mêmes qui demandent à ce que leur enfant soit pris en charge par une famille d’accueil. On parle alors de placement volontaire. Ce placement se fait souvent dans la famille d’un parent proche. Il est par exemple de plus en plus fréquent que des parents en difficulté confient la garde de leur enfant à leurs propres parents pendant la semaine.
Dans le cas d’un placement volontaire, les parents biologiques conservent généralement l’autorité parentale sur leur enfant. Ils conviennent avec la famille d’accueil de la manière dont l’enfant doit être pris en charge et du montant de l’allocation de placement. Conformément à l’article 294 du Code civil, les familles d’accueil ont un droit légal à cette dernière, mais les membres de la famille, en particulier, assument souvent le placement à titre gratuit. Les critères de placement font généralement l’objet d’un contrat de placement, pour lequel l’aide d’un avocat est recommandée.
Quelles sont les exigences auxquelles doivent répondre les familles d'accueil ?
Pour être reconnus comme famille d’accueil, les candidats doivent satisfaire à certaines exigences fixées par la Direction générale de l’enfance et de la jeunesse. Ces obligations sont définies dans les directives relatives au placement d’un enfant hors du foyer familial, mais peuvent être réglementées différemment d’un canton à l’autre. Les cantons respectifs doivent en outre donner leur consentement pour l’enregistrement en tant que famille d’accueil (article 316 du Code civil et articles 4 et suivants de l’OPEE). Cela vaut également pour les familles d’accueil qui souhaitent assumer cette tâche gratuitement, mais de manière permanente.
D’ailleurs, les familles d’accueil pour un ou plusieurs enfants ne sont pas toujours des couples ; des personnes seules peuvent également accueillir des enfants. Le ménage ne peut toutefois pas compter plus de cinq enfants, y compris les enfants de la famille d’accueil. Les parents d’accueil doivent être suffisamment en mesure de s’occuper de l’enfant placé et de l’éduquer. Cela implique également de disposer de ressources financières suffisantes. Si vous rencontrez des problèmes, il est recommandé de faire appel à un avocat spécialisé dans le droit de la famille.
Existe-t-il un droit de visite pour les enfants placés en famille d'accueil ?
Lorsqu’un enfant est placé dans une famille d’accueil, les parents ont presque toujours un droit de visite et d’accès – même si la décision de placer l’enfant dans une famille d’accueil a été prise contre leur gré (article 273 du Code civil). L’objectif est que l’enfant puisse continuer à entretenir des relations avec ses parents, car celles-ci sont considérées comme déterminantes pour son développement et sa recherche d’identité (voir la décision du Tribunal fédéral ATF 123 III 445, 452 et ATF 122 III 404, 407).
Il existe toutefois une exception : l’autorité de protection de l’enfant peut décider de limiter ou de suspendre totalement le droit de visite de l’un des parents conformément à l’article 274 du Code civil, si le parent met l’enfant en danger de manière significative ou entrave le travail de la famille d’accueil.
Le droit des parents à l’information
En plus de leur droit d’accès, les parents biologiques ont le droit d’obtenir des informations sur leur enfant pris en charge, conformément à l’article 275a du Code civil. Ceci est valable même si l’autorité parentale leur a été retirée par l’autorité de protection de l’enfant. Ce droit signifie que la famille d’accueil doit informer les parents de tout événement important dans la vie de leur enfant. Ils ont également le droit de s’informer à ce sujet auprès de tiers pertinents, tels que des médecins ou des enseignants.
FOIRE AUX QUESTIONS : Enfant en famille d'accueil
On entend par là le placement d’un enfant dans un autre foyer que celui de ses parents biologiques. Il peut s’agir d’une famille d’accueil agréée, de la maison d’un parent proche ou d’une institution spécialisée. Le placement peut être temporaire ou permanent.
Lorsque les enfants ne peuvent pas grandir et se développer sainement dans leur famille, il peut être nécessaire de les placer dans une famille d’accueil. Par exemple, il se peut que les parents biologiques ne soient pas en mesure de s’occuper eux-mêmes de leur enfant en raison de problèmes psychologiques, physiques ou financiers. Les parents peuvent prendre cette décision volontairement ou elle peut leur être imposée par un tribunal ou par l’autorité de protection de l’enfance.
Les enfants sont parfois placés dans des familles d’accueil pour une période plus longue ou indéterminée, mais le placement n’est pas toujours de cette durée. Les enfants peuvent également être placés temporairement dans une famille d’accueil ou dans un foyer jusqu’à ce que les parents biologiques puissent à nouveau assumer leurs responsabilités. Le placement en famille d’accueil est également possible sur une base ad hoc, afin de soutenir les parents dans des situations d’urgence.
Les enfants qui sont pris en charge temporairement ou à long terme par des tiers peuvent être placés dans différentes institutions. Un enfant peut être placé chez des proches ou dans une famille d’accueil agréée par le canton. Il peut également être placé dans un établissement d’enseignement tel qu’un centre d’hébergement d’urgence, un foyer régional ou un internat.
Dans certains cas, les parents biologiques ont la possibilité de placer leur enfant dans une famille d’accueil pour une période déterminée. Il s’agit de ce que l’on appelle le « placement volontaire », car il correspond au souhait des parents. Ce type de placement se fait généralement i chez des parents proches de l’enfant.
Oui. Il n’est pas nécessaire d’être en couple ou marié pour accueillir un ou plusieurs enfants placés chez soi. La Direction générale de l’enfance et de la jeunesse doit toutefois délivrer une autorisation préalable pour le placement.
En vertu de l’article 273 du Code civil, les parents biologiques continuent d’avoir accès à leur enfant après son placement dans une famille d’accueil. En particulier en cas de placement volontaire, les parents conservent en outre l’autorité parentale. Le droit d’accès et de visite des parents peut toutefois être limité, voire révoqué, si cela est dans l’intérêt de l’enfant.
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