Ce qu’il faut savoir sur le droit suisse des biens

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Kalender Icon 2 mai 2025

Le mariage implique toujours, dans une certaine mesure, une union financière. C’est pourquoi les conflits concernant les biens communs et les biens séparés sont particulièrement sensibles en cas de divorce. Afin de régler ces conflits de la manière la plus équitable et la plus uniforme possible, il existe en Suisse un régime matrimonial. Dans cet article, vous trouverez un aperçu des règles et des particularités du régime matrimonial en Suisse.

En un coup d'œil

  • Le régime matrimonial est inscrit dans le Code civil suisse (articles 181-251) et régit tous les aspects économiques pendant et après le mariage.
  • Dans le droit des biens, on distingue trois régimes matrimoniaux différents, régis par la loi.
  • Celui qui ne rédige pas de contrat de mariage adopte automatiquement le régime de la participation aux acquêts (art. 181 du Code civil).

Qu'est-ce que le régime matrimonial ?

En Suisse, le régime matrimonial encadre l’ensemble des relations patrimoniales au sein d’un couple marié ou d’une communauté de vie. Il est ancré dans les articles 181 à 251 du Code civil et régit la constitution et la répartition des biens et des dettes pendant et surtout après le mariage. Il donne des définitions et des lignes directrices sur les questions suivantes :

  • Quels actifs appartiennent à quel partenaire ?
  • Qu’est-ce qui fait partie des biens propres des deux partenaires et qu’est-ce qui constitue des acquis ou des biens communs ?
  • Selon quels critères les masses de biens (biens propres, acquis et biens communs) sont-elles évaluées ?
  • Qu’advient-il des biens matrimoniaux en cas de séparation ?
  • Comment les plus-values réalisées pendant le mariage sont-elles partagées ?
  • Qu’advient-il des dettes communes ?
  • À qui revient l’héritage d’un partenaire en cas de décès ?

Comment fonctionne le régime matrimonial ?

La répartition des différents régimes matrimoniaux est une composante essentielle du droit des biens. Pendant le mariage déjà, le régime matrimonial détermine la manière dont vous et votre partenaire gérez certains biens. Mais surtout, le choix de votre régime matrimonial influe sur les conséquences économiques d’un divorce ou d’un décès. Sur la base des différents régimes matrimoniaux, la loi prévoit des procédures normalisées pour les « liquidations de régime matrimonial ». Il s’agit d’analyser et de négocier la répartition des biens matrimoniaux entre les deux partenaires.

Comment le droit des biens répartit-il les différents actifs ?

Dans le cadre des régimes matrimoniaux, les différents biens sont attribués à des « masses de biens » :

  • Biens propres du partenaire A ou B : sont considérés comme biens propres tous les biens que vous avez vous-même apportés dans le mariage et dont vous avez l’usage exclusif, ainsi que les héritages et les donations (article 198 du Code civil).
  • Acquisitions du partenaire A ou B : les acquisitions sont les biens que vous acquérez à titre onéreux, que vous épargnez ou que vous recevez par le biais d’assurances sociales et de caisses de pension pendant le mariage (article 197 du Code civil).
  • Biens communs : les biens communs sont tous les biens que les deux conjoints possèdent et gèrent ensemble.

Quels sont les régimes matrimoniaux ?

La loi distingue trois régimes matrimoniaux : la participation aux acquêts, la séparation de biens et la communauté de biens.

Participation aux acquêts

En Suisse, la participation aux acquêts est d’abord considérée comme le régime matrimonial ordinaire de chaque couple marié, qui ne nécessite pas d’autres dispositions contractuelles (art. 181 CC). Dans ce régime, les biens propres et les acquêts sont gérés séparément par les deux partenaires pendant le mariage. Il n’y a pas de biens communs dans ce régime.

Toutefois, si le divorce est prononcé, les acquêts sont séparés dans le cadre d’une liquidation du régime matrimonial, compensés l’un par l’autre et l’excédent de biens est réparti à parts égales entre les deux partenaires. Ce partage est appelé « participation aux bénéfices » (art. 204-215 du Code civil). Les dettes de l’un des conjoints envers des tiers ne sont pas transférées.

En vertu de l’article 199 du Code civil, vous avez la possibilité d’adapter les conditions du régime de la participation aux acquêts à votre situation personnelle par le biais d’un contrat de mariage (appelé régime de la participation aux acquêts modifié). Vous pouvez par exemple décider que certains acquêts seront attribués à vos biens propres ou qu’en cas de divorce, il n’y aura pas de partage 50/50 mais un partage 30/70.

Séparation de biens

La séparation de biens est un régime matrimonial que vous pouvez choisir pour des raisons personnelles. Dans ce cas, la séparation de biens doit être convenue par contrat et confirmée par un notaire (art.247 du Code civil). La séparation de biens ne connaît pas de biens communs ni d’acquêts, les deux partenaires gèrent donc leurs biens de manière totalement séparée. En cas de liquidation du régime matrimonial, les deux partenaires récupèrent leurs biens individuels. S’il existe d’éventuelles dettes communes au moment de la liquidation, leur répartition sera clarifiée au cours de ce processus.

Par ailleurs, outre la convention matrimoniale, une séparation de biens peut également être mise en œuvre pour d’autres raisons. Par exemple, une séparation de biens est possible à la demande du partenaire A en raison du surendettement du partenaire B (art. 185 CC). D’autres cas particuliers seraient en outre une décision judiciaire de séparation de corps (art. 118 CC) ou la séparation de biens pour protéger l’union conjugale (art. 176 CC).

Communauté de biens

Vous devez également régler ce régime mat rimonial par contrat de mariage et le conclure en la forme authentique. Il y a trois masses de biens : les biens propres du partenaire A ou du partenaire B et les biens communs. Les biens communs comprennent tous les biens qui ne sont pas (ou ne peuvent pas être) clairement déclarés comme biens propres de l’un des conjoints. Sauf disposition contraire, les revenus des deux conjoints, par exemple, sont également gérés et utilisés en commun (art. 222 CC).

Si vous dissolvez une communauté de biens, les biens communs sont partagés entre vous et votre partenaire. Les dettes communes sont supportées par les deux partenaires au prorata ou en totalité de leur part des biens communs. Dans une liquidation de régime matrimonial, la responsabilité dépend dans ce cas de la nature individuelle des dettes. De telles dettes, qui ne sont dues qu’à l’un des conjoints à un tiers, ne sont pas transférables.

Les cas particuliers : Communautés de biens restreintes

Le Code civil offre aux époux la possibilité d’adopter une forme particulière de communauté de biens (communautés de biens limitées). Dans ces régimes, les deux époux forment toujours une unité économique, mais avec certaines restrictions.

Dans une communauté d’acquêts au sens de l’article 223 du Code civil, les biens communs se limitent uniquement aux acquêts.

Dans une communauté d’exclusion au sens de l’article 224 du Code civil, vous avez la possibilité d’exclure certains biens des biens communs au moyen de dispositions contractuelles. En règle générale, les revenus de ces biens ne sont pas non plus attribués à la communauté.

Quelle est l'influence du régime matrimonial sur les questions de succession ?

Le régime matrimonial a également une incidence sur les questions de succession en cas de décès de l’un des conjoints. En l’absence de contrat de mariage, la répartition de l’héritage se fait selon le régime de la participation aux acquêts. Dans ce cas, le partenaire survivant se voit attribuer, dans le cadre d’une liquidation du régime matrimonial, la moitié des acquêts communs en plus de ses biens propres.

Les biens propres et la part des acquêts du partenaire décédé sont considérés comme faisant partie de la succession et sont ensuite partagés entre le partenaire survivant et les autres héritiers. En règle générale, les enfants et petits-enfants ont droit à la moitié de la succession. Vous pouvez déroger à ces dispositions légales dans un contrat de mariage et adapter les accords à vos souhaits individuels et à l’évolution de votre situation familiale.

Quel est le rôle d'un contrat de mariage dans les questions de régime matrimonial ?

La plupart des gens connaissent les contrats de mariage, notamment dans le contexte du divorce. Et en effet, ces contrats ne deviennent souvent pertinents qu’en cas de dissolution du mariage ou de décès. Un contrat de mariage permet aux couples mariés d’adapter les conséquences d’un divorce en matière de régime matrimonial – et aussi de succession – à leur situation patrimoniale individuelle et de les régler de manière équitable.

Il n’est pas rare que le divorce et les conflits judiciaires qui l’accompagnent aient des conséquences économiques désastreuses pour l’un des partenaires ou les deux. Un contrat de mariage vous permet de vous assurer que les deux partenaires conservent leur indépendance financière après la fin du mariage et que le divorce se déroule de la manière la moins conflictuelle possible.

Comment et quand puis-je conclure un contrat de mariage ?

Vous pouvez établir un contrat de mariage pendant ou avant la conclusion du mariage (art. 182 CC). Dans ce dernier cas, le contrat ne devient toutefois juridiquement valable qu’au moment du mariage. En outre, un contrat de mariage doit toujours être authentifié par un notaire au moyen d’un acte authentique (art. 184 CC). Les modifications doivent être décidées d’un commun accord et ne prennent effet que si vous les faites authentifier à nouveau.

Le droit suisse des régimes matrimoniaux est relativement clair et accessible, de sorte que même sans connaissances juridiques, vous pouvez comprendre les règles générales. Néanmoins, il vaut la peine de demander l’aide d’un avocat spécialisé dans le droit de la famille pour choisir un régime matrimonial et rédiger un contrat de mariage. Cela vous aidera à choisir un régime matrimonial approprié et, surtout, vous garantira que votre contrat de mariage sera juridiquement valable. Il existe certes d’innombrables exemples et modèles sur Internet, mais le risque existe que les parties contractantes ne respectent pas, par inadvertance, certaines exigences formelles et que le contrat n’ait donc aucune valeur juridique.

Comment le droit des biens répartit-il les différents actifs ?

Dans le cadre des régimes matrimoniaux, les différents biens sont attribués à des « masses de biens » :

  • Biens propres du partenaire A ou B : sont considérés comme biens propres tous les biens que vous avez vous-même apportés dans le mariage et dont vous avez l’usage exclusif, ainsi que les héritages et les donations (article 198 du Code civil).
  • Acquisitions du partenaire A ou B : les acquisitions sont les biens que vous acquérez à titre onéreux, que vous épargnez ou que vous recevez par le biais d’assurances sociales et de caisses de pension pendant le mariage (article 197 du Code civil).
  • Biens communs : les biens communs sont tous les biens que les deux conjoints possèdent et gèrent ensemble.

Comment un avocat en droit de la famille peut-il vous aider à répondre aux questions relatives à la garde partagée ?

Lors d’une séparation ou d’un divorce, les questions relatives aux enfants sont d’une importance capitale et il ne faut pas se précipiter pour prendre une décision. L’avenir et le développement personnel des enfants sont ici en jeu de manière déterminante. Cependant, pour les parents confrontés à cette situation souvent difficile sur le plan émotionnel, la prise de décision juridique peut être compliquée. Les conséquences des décisions en matière de garde étant importantes, il est conseillé de s’adresser à un avocat en droit de la famille qui vous assistera tout au long du processus. L’avocat peut vous conseiller sur les modalités de garde les plus adaptées à votre famille.

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MLaw Livio Stocker

avocat notaire

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FAQ SUR LES RÉGIMES MATRIMONIAUX : Droit des biens

Le droit des biens fait partie du Code civil suisse et traite de toutes les questions patrimoniales liées au mariage et à la vie commune (art. 181-251 CC). Il répond par exemple à la question de savoir à quel époux appartiennent quels biens pendant et après le mariage. Dans le cadre du droit des biens, on distingue à cet effet différentes masses de biens et différents régimes matrimoniaux.

Un régime matrimonial définit les règles applicables aux biens pendant et à la dissolution d’un mariage. Il existe trois régimes matrimoniaux légaux, chacun prenant en compte des masses de biens différentes et les répartissant selon des directives différentes. En cas de divorce, le régime matrimonial détermine en grande partie la manière dont se déroule la liquidation du régime matrimonial.

Le régime matrimonial légal (ordinaire) en Suisse est la participation aux acquêts (art. 196 et suivants du Code civil). Tous les couples mariés qui n’ont pas conclu de contrat de mariage prévoyant un autre régime matrimonial adoptent automatiquement ce régime. Dans un régime de participation aux acquêts, les deux partenaires gèrent eux-mêmes leurs biens et, en cas de séparation, les acquêts sont partagés à égalité entre eux.

 

En Suisse, il existe trois régimes matrimoniaux réglementés par la loi : le régime ordinaire est d’abord la participation aux acquêts pour tous les couples. Par contrat de mariage, vous pouvez toutefois adopter la séparation de biens ou la communauté de biens comme régime matrimonial et adapter également la participation aux acquêts selon vos souhaits.

Un contrat de mariage vous permet d’exercer une influence considérable sur les aspects matrimoniaux et patrimoniaux de votre mariage. Un contrat de mariage permet de choisir librement un régime matrimonial et autorise diverses adaptations des dispositions légales. Au sein des différents régimes matrimoniaux, vous et votre partenaire conservez ainsi la maîtrise de la définition des masses de biens ainsi que de la répartition de vos biens et de votre héritage.

Vous pouvez rédiger un contrat de mariage à tout moment avant ou pendant le mariage. Toutefois, vous ne pouvez jamais le faire seul : vous et votre partenaire devez rédiger le contrat d’un commun accord et l’approuver par vos deux signatures. En outre, vous devez faire authentifier le contrat par un notaire pour qu’il soit juridiquement valable (art. 184 CC).

Il existe sur Internet des modèles de contrats de mariage prêts à l’emploi que vous pouvez utiliser pour les rédiger vous-même. Il est toutefois recommandé de consulter, ou au moins d’examiner, un avocat spécialisé dans le droit de la famille, qui vous aidera à rédiger le contrat selon vos souhaits individuels et à garantir sa validité juridique.

Droit fédéral

Articles de loi

Régime matrimonial ordinaire de la participation aux acquêts
(art. 181 CC)

Contrat de mariage(art. 182 CC)

Communauté de biens(art. 221 CC)

Séparation de biens(art. 247 CC)

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